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Site officiel du tourisme du Timor-Leste
Les pêcheurs d'Atauro

Vivre au bord des récifs les plus riches de la planète

Les pêcheurs d'Atauro

Les habitants de l'île d'Atauro pêchent ces eaux depuis des siècles, bien avant que les scientifiques ne confirment ce qu'ils savaient déjà : ces récifs abritent la plus grande biodiversité de poissons jamais recensée sur la planète. En 2016, Conservation International a documenté une moyenne de 253 espèces de poissons de récif par site de plongée, un record mondial. Aujourd'hui, les communautés de pêcheurs d'Atauro sont à l'avant-garde de la conservation marine, instaurant des tara bandu (aires marines protégées traditionnelles) pour préserver cet héritage exceptionnel.

Atauro se dresse dans le détroit d'Ombai, l'un des principaux chenaux du passage indonésien (Indonesian Throughflow), l'immense système de courants qui achemine les eaux chaudes du Pacifique vers l'océan Indien. Il en résulte une véritable autoroute biologique : nutriments, larves et eaux chaudes s'engouffrent dans le détroit, et les récifs d'Atauro en recueillent la manne.

Les pêcheurs d'Atauro ont toujours su que leurs récifs étaient exceptionnels. Depuis des générations, ils en régissaient l'accès grâce au tara bandu, un système timorais traditionnel d'interdits sacrés pouvant s'appliquer à la terre, à l'eau ou aux ressources. Un ancien du village déclare une portion de récif tara bandu, et la pêche y devient interdite pour une période donnée, laissant les stocks se reconstituer.

En 2016, Conservation International a mené une étude dans le cadre de son Rapid Assessment Program (RAP) sur les récifs d'Atauro. Les résultats ont stupéfié la communauté scientifique : une moyenne de 253 espèces de poissons de récif par site de plongée, le site le plus riche en recensant à lui seul 315. Ce chiffre dépassait le précédent record du monde de 216 espèces par site, détenu par Raja Ampat en Indonésie. Au total, 642 espèces ont été répertoriées au cours de l'étude.

Cette découverte a inscrit Atauro sur la carte mondiale de la conservation, mais elle a aussi renforcé les enjeux pour ses communautés de pêcheurs. Plus de visiteurs signifie plus de revenus, mais aussi plus de pression sur les récifs. La réponse a consisté à étendre et à formaliser le système du tara bandu, les communautés collaborant avec des organisations de conservation pour établir des aires marines protégées qui concilient droits de pêche et protection des récifs.

Aujourd'hui, le tourisme communautaire d'Atauro offre aux visiteurs la possibilité de faire du snorkeling sur des récifs détenteurs d'un record du monde, de séjourner dans des maisons d'hôtes gérées par les habitants et de savourer des repas préparés par des coopératives de femmes. Les pêcheurs prennent toujours le large à l'aube dans leurs pirogues de bois, mais ils guident aussi des sorties de plongée et mènent des marches sur les récifs. Le récif reste le leur ; ils le partagent simplement avec un soin nouveau.